Naissance du 106

Le diagnostic d'une fracture réelle

Le collectif est né d’un d’un constat simple : la colère qui monte partout dans le pays n’a rien d’irrationnel. Elle naît d’un vécu concret sur le terrain : des services publics qui s’éloignent, des territoires qui décrochent et un sentiment profond de relégation. Les citoyens ne rejettent pas l’État, ils rejettent son éloignement et appellent à une action à hauteur de vie humaine.

Un changement de référentiel

Nous ne vivons pas une crise passagère, mais un changement d’époque et de référentiel. Nos crises multiples et la montée des polarisations ne sont que les symptômes d’un fin de cycle et non sa cause.

 

Le clivage n’oppose plus seulement la gauche et la droite ; il sépare désormais ceux qui partent des réalités vécues de ceux qui continuent à gouverner à distance. Toute personne qui vote pose de bonnes questions, et il est temps d’y apporter de bonnes réponses.

Les cahiers de doléances ont parlé

Suite au mouvement des gilets jaunes, des cahiers de doléances ont été récoltés dans plus de 20 000 communes. Avec le Grand Débat, plus de 700 000 contributions citoyennes ont été collectés et analysées dès 2019.

 

Il en ressortait trois mots-clés : citoyenneté, proximité, solidarité. Ces trois mots résonnent singulièrement avec la devise de la France : liberté, égalité, fraternité. Si la liberté est une condition d’exercice de notre citoyenneté, et si la fraternité s’exprime par la solidarité, l’absence de proximité est désormais perçue comme une rupture majeure d’égalité.

Donner une voix à la forêt qui pousse

On connait le proverbe : « on entend l’arbre qui tombe, mais pas la forêt qui pousse ».

 

Il est facile de surfer sur le fracas des arbres qui tombent pour les transformer en symbole d’une société qui s’effondrerait. Mais partout sur le territoire, dans toutes les communes, une énergie est à l’œuvre : des équipes communales qui innovent, des associations qui tiennent bon et des solidarités qui se créent. Cette force reste souvent invisible ou étouffée par une action lointaine et gestionnaire. Par nos actions et nos prises de position, nous nous efforçons rendre visible cette forêt, de la relier et de lui donner les moyens de changer d’échelle.

Un besoin d’écoute et de réponses

Sur le plan institutionnel une double réappropriation est nécessaire : celle de l’écoute et celle des territoires. Il ne s’agit pas d’une réforme institutionnelle abstraite, mais de transformer la manière de gouverner en passant d’une logique descendante à une logique enracinée : l’inversion de la logique du dernier kilomètre.

 

Le futur n’est pas écrit : écoutons les craintes, les revendications et les aspirations qui remontent de nos territoires, partons des réponses concrètes et immédiatement mobilisables, et inventons une nouvelle manière de nous gouverner.